RENCONTRES

La littérature du grand dehors…

Créées en 2005, les éditions Gallmeister sont l’histoire d’une passion et d’un pari. D’une passion pour un genre littéraire peu connu en France, le Nature Writing. D’un pari, celui du fondateur de la maison, Olivier Gallmeister, un ancien contrôleur de gestion qui, à 40 ans, a décidé de vivre ses rêves et de faire connaître les textes et les ouvrages qu’il avait lui-même envie de lire. 4 ans plus tard, le succès est au rendez-vous et les livres signés d’une patte d’ours, le logo de la maison d’édition, trouvent une place largement méritée chez les libraires et dans les rayonnages de nos bibliothèques.
Rencontre avec un amateur de livres où la nature tient toujours le plus beau rôle.


La littérature du grand dehors…
Jevoyagedurable.com : Pouvez-vous en quelques mots nous expliquer ce qu’est le Nature Writing ?
Olivier Gallmeister :
C’est un mouvement littéraire américain qui n’a pas son équivalent en France. Une littérature de la nature et du grand dehors qui interroge le rapport de l’homme à son environnement. Parmi les écrivains les plus connus chez nous, il y a ceux de l’école du Montana, Jim Harrison en tête ou encore Annie Proulx qui a écrit « retour à Brokeback mountain ». Mais il y a en bien d’autres en réalité…

Jevoyagedurable.com : Comment expliquez-vous que ce mouvement existe seulement aux Etats-Unis ?
Olivier Gallmeister :
Même si on a parfois tendance à l’oublier, les Etats-Unis sont un pays de nature. L’état du Montan, à lui seul, est plus grand que l’Allemagne. Les Etats-Unis sont un pays de montagnes et de vrais déserts, qui ont, de la Floride à l’Alaska, plusieurs types de climats radicalement différents. La nature fait partie du quotidien des Américains et elle fait aussi partie de leurs traditions littéraires.

Jevoyagedurable.com : D’où vous est venue l’idée de fonder une maison d’éditions autour de ce thème-là ?
Olivier Gallmeister :
D’une envie ! Je suis passionné de littérature et notamment de cette littérature des grands espaces que l’on trouve aux Etats-Unis. Un jour, je me suis mis à lire des livres en anglais et comme je suis pécheur à la mouche, j’ai découvert un certain nombre d’ouvrages non traduits sur le sujet. Je ne suis tout simplement dit que si ces livres me plaisaient, il y a avait de fortes chances qu’ils plaisent aussi à d’autres lecteurs. J’ai donc crée ma maison d’édition en 2005 et les premiers livres sont sortis en 2006. Aujourd’hui, la collection compte 29 ouvrages.

Jevoyagedurable.com : Comment expliquez-vous l’intérêt que les lecteurs français portent à ces ouvrages aujourd’hui ?
Olivier Gallmeister :
Difficile d’expliquer ce qui fait le succès ou l’échec relatifs de certains livres. Disons qu’aujourd’hui, beaucoup de gens pratiquent la nature. En faisant de la randonnée, de la plongée sous-marine, en pêchant… De mon côté, je n’édite que des ouvrages qui sont dans la thématique du nature Writing mais qui allient à cela une véritable ambition littéraire et je prends très à cœur mon métier de lecteur qui doit choisir les livres qu’il va ensuite proposer à d’autres. Je crois que si on aime la nature et que l’on trouve des livres bien écrits, on ne peut qu’aimer cette littérature.

Jevoyagedurable.com : Quel livre conseilleriez-vous comme première lecture dans cet univers-là ?
Olivier Gallmeister :
Sans hésiter « Le gang de la clef à molette » de Edward Abbey. C’est un livre qui est sorti en 1975 aux Etats-Unis où il s’est vendu à 2 millions d’exemplaires. C’est un road-movie entre le Colorado et l’Utah, l’histoire de 4 personnes qui n’étaient pas destinées à se rencontrer et qui vont, au cours d’une descente du Colorado en raft, devenir des justiciers de l’environnement. Le ton est totalement burlesque et le livre se lit très facilement. Incontournable pour découvrir le genre littéraire qu’est le Nature Writing. Dans un tout autre registre, Indian Creek de Pete Fromm est un récit initiatique qui se lit comme un roman. L’histoire d’un jeune de 19 ans qui accepte le boulot de gardien de rivière et qui va, sept mois durant, vivre seul en pleine nature à la frontière du Montana et de l’Idaho. Après des débuts très difficiles, il va peu à peu s’adapter à cette nature sauvage. Son histoire donne un livre drôle et plein de poésie.

Stéphanie Clément-Grandcourt



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