Le Coq Gadby, un hôtel brut de pomme !


Il est de ces hôtels qui valent autant par la qualité de leur hébergement que par l’histoire qu’ils portent et les personnages qui les incarnent. Le Coq Gadby, un quatre étoiles de charme dans le centre de Rennes est de ceux-là. Y faire escale, c’est, à coup sûr, avoir envie de revenir pour, au hasard, déguster un petit-déjeuner bio, profiter du spa ou discuter autour d’un verre de jus de pommes avec Véronique Brégeon, l’emblématique propriétaire des lieux… Autant de bonnes excuses qui, à elles seules, justifient déjà le voyage !



Le Coq Gadby, un hôtel brut de pomme !
C’est une maison en bois posée dans un jardin au cœur d’un quartier résidentiel de Rennes, un hôtel dont les propriétaires ont décidé de jouer la carte du développement durable et ont ainsi, des produits ménagers aux petits déjeuners bio en passant par le spa ou les panneaux solaires, insufflé une véritable dimension écologique aux lieux. Le Coq Gadby a obtenu l’éco-label européen pour son management environnemental. Une certification largement méritée mais qui ne suffit pas, loin s’en faut, à expliquer le charme des lieux.

Le Coq Gadby, un hôtel brut de pomme !
>>> La Bretagne au cœur
Bien plus qu’un simple hôtel, le Coq Gadby est une histoire, de celles qui pourraient se raconter par un après-midi pluvieux, confortablement installé dans un fauteuil club devant un bon feu de cheminée. Une histoire qui débute en 1902 pour s’étaler ensuite sur 4 générations. Les murs à eux seuls témoignent du temps passé. L’hôtel est constitué de 11 bâtiments dont le premier date du 17ème siècle et le dernier a ouvert ses portes en septembre dernier.
A la tête de l’hôtel aujourd’hui, Véronique Brégeon, arrière petite-fille du premier propriétaire, qui, en 1991, reprend l’établissement à la suite de son père. A son arrivée sur les lieux, cette Parisienne, experte en objets d’art auprès des tribunaux, ne sait pas très bien ce qu’elle va faire de l’endroit. Le vendre sûrement. C’est sans compter la remarque d’un petit garçon, son fils, Charles qui, du haut de ses 7 ans, refuse de voir sa mère se séparer de l’hôtel de la famille. Il n’en faut pas plus à cette Bretonne de souche pour embrasser l’héritage familial. Mais derrière son allure sage, Véronique n’est pas femme à a se contenter de poursuivre. Il lui faut avancer, imprimer sa marque et faire sien ses murs qui ont déjà tant vécu. En 2000, elle décide d’adjoindre un spa à l’hôtel et là débute son « aventure durable »…. « J’ai décidé de construire le premier spa de l’hôtel dans l’ancien grenier qui servait de séchoir à linge à mes arrières grands-parents », explique-t-elle dans un sourire. « A partir de là, j’ai commencé à être harcelée par des bonimenteurs venus de partout me vendre des soins soi-disant naturels fabriqués au bout du monde et qui me paraissaient être une véritable escroquerie. A force de les voir défiler, j’ai pris conscience de mon territoire, la Bretagne, de ses richesses, et du fait que je n’avais pas envie d’aller chercher à l’autre bout de la planète ce qui pouvait exister en bas de chez moi. » L’idée fait son chemin et peu à peu, le déclic a lieu : « Cette période m’a obligé à réfléchir à ce que je voulais vraiment faire de cette maison. La réponse est venue naturellement, autour d’une hôtellerie de qualité fondée sur des éléments représentatifs de mon territoire ».
Et c’est autour de cette idée fondatrice que le Coq Gadby trouve ses marques : forte de ses convictions nouvelles, Véronique choisit de décliner son credo à toutes les activités de l’hôtel. Elle y adjoint les notions, pour elle fondamentales, de service, de silence, d’espace et d’éthique et trouve là sa profession de foi.
La nouvelle aventure du Coq Gadby peut commencer.

Le Coq Gadby, un hôtel brut de pomme !
>>> Un hôtel-spa totalement durable
Très vite, Véronique prend conscience que la pérennité de l’hôtel passe par un agrandissement. Et l’éco-construction s’impose naturellement. « Impossible de me projeter dans l’avenir sans construire un outil qui soit le plus performant possible », souligne-t-elle comme une évidence. Elle décide donc d’agrandir les lieux et de construire un hôtel-spa totalement durable sur l’ancien potager de ses aïeux. Une extension qui a toutes les allures d’une véritable aventure. « Le permis de construire nous a été refusé quatre fois » mais la dame est tenace et finit par obtenir gain de cause. Hôtel, il y aura bien. Et en bois s’il vous plaît. 950m², 14 chambres ou suites et une ossature en épicea qui s’ajoute aux bâtiments des siècles précédents et qui est entièrement conçu selon les normes HQE (haute qualité environnementale). Pour compléter l’ensemble, des capteurs solaires recouvrent la toiture orientée au sud : des capteurs thermiques qui assurent plus de 60% des besoins annuels en eau chaude et des capteurs photovoltaïques qui participent à la production d’électricité.
Autre marque de fabrique de l’hôtel, l’ardoise naturelle qui recouvre les sols alors que les murs des salles de bain et du spa sont recouverts de chaux savonnée. Un soin particulier est également apporté à la gestion de l’eau. L’eau de pluie est récupérée pour alimenter les chasses d’eau ou l’arrosage. Les douches sont préférées aux bains et les « soins sarcophage » grands consommateurs d’eau sont supprimés du spa au profit d’une petite piscine.
Mais loin de se contenter de cela, Véronique et son équipe souhaitent faire du développement durable une des marques de fabrique de leur établissement et l’impose doucement à tous les étages de leur jolie fusée. « L’ensemble du personnel de l’hôtel a adhéré à ce projet », explique Véronique. « Aujourd’hui, c’est même notre veilleur de nuit qui prépare les petits-déjeuners bio qu’il a lui-même aidé à élaborer ». Une aventure commune donc dont bénéficient chacun des employés à travers des ajustements fondés sur le bon sens mais encore relativement inédits dans l’univers hôtelier. « Nous essayons au maximum de réduire la pénibilité du travail de nos employés à travers mille détails qui, à la fin de la journée, ont tous leur importance ». Des trappes à linge qui communiquent directement avec la lingerie pour éviter le transport des serviettes et des draps à travers tout l’établissement, des hauteurs de lit ou de tables de modelages calculées avec les femmes de chambre pour rendre la tâche plus ergonomique, des protocoles de soins qui, au spa, tiennent compte des efforts physiques nécessaires et, bien sûr, une optimisation de l’utilisation des produits biologiques pour l’entretien comme pour les soins. Une démarche globale qu’il est nécessaire de partager. « Nous veillons à accompagner nos clients dans leur chambre pour leur expliquer nos choix », souligne Véronique Brégeon. « Certains s’étonnent pas exemple de l’absence de produits d’accueil dans la salle de bain. Nous n’avons pas encore trouvé les produits qui nous convenaient mais, pour compenser, nous avons fait fabriqué par des souffleurs locaux, deux verres originaux que nous disposons près du lavabo »

>>> Un spa durable
« Puisque les produits que nous cherchions pour la pratique de nos soins n’existaient pas, nous les avons créer ». Et le cahier des charges n’est pas simple : une gamme de soins respectueux de la santé des clients et des praticiens, biologique et écologique… Comme c’est maintenant devenu une habitude, c’est dans ses racines que Véronique va chercher la solution. « Nous avons travaillé autour de l’un des produits phare de la Bretagne, la pomme et nous avons crée, à partir du marc de jus de pommes, des pépins du fruit et de l’amande qu’ils contiennent, une gamme de produits totalement naturelle, Is B. Et pour mener à bien une démarche environnementale qui soit la plus cohérente possible, les protocoles des soins ont été pensé pour permettre un déroulement dans une seule et même cabine et une économie de chauffage et de produits nettoyants. Une approche holistique à laquelle Véronique Brégeon a participé de bout en bout puisque elle est elle-même à l’origine de l’ensemble des produits de la gamme IsB : « Notre gommage se fait à sec et ne nécessite pas de douche, autant d’eau économisée et de serviettes en moins à nettoyer ». CQFD.

Le Coq Gadby, un hôtel brut de pomme !
>>> Quand l’écologie et le charme font bon ménage…
Au delà de ses incontestables qualités environnementales, le Coq Gadby est d’abord et avant tout un hôtel de charme qui mérite largement ses 4 étoiles.
Dans la nouvelle aile de l’hôtel inaugurée en septembre dernier, 14 chambres, junior suites et suites, à la décoration soignée et personnalisée. Là encore, une affaire de famille. « C’est ma fille, Mathilde, coloriste de métier, qui a travaillé à la décoration et a choisi les luminaires. De mon côté, j’ai choisi chacun des meubles. », explique Véronique. Le résultat est contemporain et d’une élégante sobriété. Construite en fonction des points de lumières, les chambres possèdent toutes de larges fenêtres qui ouvrent sur une terrasse ou un balcon.
Si le Coq Gadby a tout les attraits d’un établissement familial, il n’en a pas les défauts. Ici, 40 personnes sont au petit soin pour les voyageurs et le professionnalisme est de mise à tous les étages 24h sur 24. Première à montrer l’exemple, Véronique Brégeon qui va, ici ajuster le tombé d’un rideau, là remettre droit un tapis et qui n’aime rien tant que de servir le petit-déjeuner du dimanche matin…
A l’image de l’ensemble de l’hôtel, c’est le bon sens et une élégante simplicité qui domine également au niveau des casseroles. « La cuisine que nous servons à la Coquerie, notre restaurant, est élaborée en fonction de saisons, à partir de produits locaux ou bio quand cela est possible ». Car le chef Pierre Legrand se dit bio convaincu mais pas sectaire. Sous la direction de Marc Tizon, chef étoilé et fin connaisseur des produits locaux qui a élaboré la carte, Pierre apporte une dimension de santé et de simplicité à l’ensemble des plats. En résulte une carte originale, véritablement inventive et délicieuse qui se décline dès le petit déjeuner avec un saucisson et des confitures bios qui méritent à eux seuls un vibrant hommage.

Loin d’avoir fait de l’environnement un argument marketing de plus, le Coq Gadby a su donner ses lettres de noblesse au terme d’éco-hôtel. A sa tête, Véronique Brégeon semble regretter que les journées ne fassent pas 48h et, de la création des produits du spa au soin apporté aux fleurs du jardin en passant par le choix des confitures du petit-déjeuner, semble avoir fait sienne l’expression « plusieurs vies dans une vie ». Une chose est sûre en tout cas, à l’hôtel de son père et de son grand-père, elle a su, avec talent, imprimer sa marque et à l’heure qu’il est, elle peut se dire avec fierté qu’il fait bon vivre au Coq Gadby.

Pratique :
« Escapade verte en capitale bretonne » : Une nuit en junior suite, un dîner gastronomique au restaurant La Coquerie, un petit déjeuner gourmand et un soin au spa. 310 Є par personne.

Tél. 02 99 38 05 55 - www.lecoq-gadby.com ou sur www.exclusive-hotels.com

Stéphanie Clément-Grandcourt



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