VOYAGE PRATIQUE

Location : le grand flou des voitures vertes

Moins polluante que l’avion mais plus que le train, la voiture de location est une alternative incontournable pour les vacanciers. Mais rouler au vert n’est pas chose aisée, quoi qu’en disent les loueurs.


Location : le grand flou des voitures vertes
Louer un véhicule vert relève encore du casse-tête pour les vacanciers. Il existe pourtant un marché de location de voitures dites « vertes », auquel n’a renoncé aucune des grandes enseignes de la location. Avis, Hertz, National Citer, Europcar sont très présents sur ce segment et mettent chacun en avant leur engagement en faveur de l’environnement. Mais la notion de « véhicule vert » comme elle est entendue par les loueurs est toute relative. Car y a-t-il vraiment une voiture verte ?

L’engouement médiatique et la masse d’informations circulant sur les nouvelles technologies nous font parfois oublier que les véhicules vraiment propres, les voitures toutes électriques ou à air comprimé, n’ont pas encore de réalité commerciale sur le marché grand public de la location, du moins pas en France - à l’exception des voitures sans permis. La technologie hybride reste actuellement ce que l’on fait de plus intéressant en matière de voiture verte. Un seul modèle disponible chez la plupart des loueurs : la Toyota Prius et ses récentes déclinaisons. Le fonctionnement est simple, un moteur thermique et un moteur électrique aide le moteur à essence, et s’y substituent totalement à très basse vitesse. La Toyota Prius ne se loue pas plus chère que les autres véhicules, à catégories égales. Elle conserve malgré tout, de part sa grande taille et sa cylindrée, une consommation carbone équivalente à de petites citadines. Ce véhicule s’intègre dans ce que les loueurs appellent un peu pompeusement leur « gamme verte », ou « flotte verte ».

Location : le grand flou des voitures vertes
Drôle de vert
Tous les grands noms de la location mettent en avant une gamme de véhicules « verts ». Mais la quantité de voitures présentées sur ce créneau laisse dubitatif quand on sait qu’il n’en existe aujourd’hui que très peu. La raison est simple : les loueurs sont soumis aux mêmes règles que n’importe quel propriétaire de véhicule, définies par la législation européenne et française. Celles-ci considèrent comme propre un véhicule qui produit moins de 140g de CO2 par kilomètre parcouru. C'est le taux maximum fixé dans le cadre d'un accord entre l'UE et l'Association des Constructeurs Européens d'Automobiles pour les voitures consommant seulement de 3.7 à 5.9 l/100 km. C'est-à-dire la plupart des voitures neuves de petites et moyennes cylindrées qui sortent d’usine. Les gammes green des loueurs présentent donc des véhicules comme la nouvelle Twingo, les Citroën C1 et C3, mais aussi des grosses berlines comme la Peugeot 407 et des monospaces (Ford C-Max, Volkswagen Touran, Mercedes B180). Ne soyez pas étonnés d’y trouver des motorisations diesels. Car les voitures équipées de pots catalytiques ou de filtres à particule s’inscrivent également dans les flottes vertes des loueurs, étant aptes à recevoir la Pastille Verte. Une voiture diesel, même équipée de technologies modernes, peut-elle être considérée comme propre ? On peut légitimement se poser la question.

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Toutes proportions gardées…
Cette notion de véhicules « verts », aussi flou soit-elle, est à mettre en perspective avec la consommation carbone d’autres moyens de transports comme l’avion et le train. Prenons pour exemple un trajet Paris-Marseille, pour une base d’environ 800 km. Un véhicule qui produit 140g de CO2 au km dégagera au total environ 112 kg de carbone, soit près de 40% de moins que pour le même trajet en avion (190 kg). Les 112 kg sont ensuite à diviser par le nombre de passagers de la voiture pour obtenir une comparaison valable avec l’avion. Pour une voiture consommant 106 g de CO2 / km, comme la Peugeot 107, le trajet à deux équivaut à 42 kg d’émissions carbone par personne. En revanche, certaines berlines disponibles dans les offres vertes des loueurs affichent des émissions de 180 g / km, soit 145 kg pour un Paris-Marseille avec un conducteur seul. Pas de quoi fanfaronner devant la solution aérienne. Tous ces chiffres sont à comprendre comme des moyennes peu précises, car ils dépendent de nombreuses variables comme le type de conduite, l’état du trafic… Le train reste lui imbattable, avec seulement 5 kg d’émissions de CO2 sur le même trajet.

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Action indirecte
Louer vert, c’est aussi choisir un partenaire dont les actions en faveur de l’environnement s’inscrivent dans une démarche globale. Et la plupart d’entre eux se positionnent sur ce segment. Certains s’engagent à compenser une partie des émissions carbone liées à leur activité, grâce à des partenariats avec les grands noms de la compensation. Avis compensent ainsi 60 000 tonnes chaque année, à l’instar de National Citer qui s’est associé à Action Carbone. Europcar a de son côté conclut un partenariat avec Climate Care pour offrir à ses clients la possibilité de compenser eux-mêmes leurs trajets. Ce dernier a par ailleurs reçu le World Travel Award 2008 de l’entreprise de transport la plus verte. La qualité globale de la flotte est également à prendre en compte. Chez National Citer par exemple, on revendique 65% de véhicules « verts » ou peu polluants, contre 49% chez Avis.

« Louer vert » est une notion flou et dépend d’une vision très personnelle de ce qui est ou n’est pas respectueux de l’environnement. Mais disons le clairement : on ne peut pas encore louer de voitures réellement propres aujourd’hui. Il est en revanche possible de louer plus propre. Plus qu’à l’habitude, ou plus que prévu au départ. Une démarche qui n’impose pas de contraintes particulières, puisque les gammes vertes sont disponibles partout et aux mêmes tarifs que n’importe quel véhicule à catégorie égale. La notion de « voiture verte » est également très éphémère. La voiture verte d’aujourd’hui ne le sera probablement plus d’ici trois ans quand les normes fixées par l’Union Européennes seront revues à la baisse.

Conduire au vert
Un certain nombre de petits gestes permettent de réduire son empreinte environnementale au volant.
- Limiter sa vitesse, notamment en période de grosse chaleur.
- Adopter une conduite souple, sans pousser les rapports dans le rouge.
- Penser à couper le contact lors d’arrêts prolongés dans les embouteillages.
- Plus le nombre de passagers est élevé dans une voiture, plus la consommation carbone diminue par personne.
- Utiliser le nouveau carburant E85 Super Ethanol, constitué à 85% d’éthanol et 15% d’essence, quand votre véhicule le permet (se renseigner auprès des constructeurs).
- Compenser les émissions de CO2 pour les trajets parcourus

Alexis Dufour

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1.Posté par FP le 05/10/2009 15:23
Juste un petit detail technique : vous ecrivez : "Le fonctionnement est simple, un moteur thermique et un moteur électrique aide le moteur à essence, et s’y substituent totalement à très basse vitesse." Or le moteur thermique EST le moteur a essence...

2.Posté par ps le 05/10/2009 21:51
Juste un autre petit détail technique : vous écrivez : "112 kg de carbone", or il s'agit de 112 kg de C02 dans lequel on trouve environ 31 kg de carbone le reste étant de l'oxygène.

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