JVD.com: Vous affichez un engagement « Développement durable » dans un secteur considéré comme particulièrement irresponsable en la matière, voilà qui n’est pas banal. Pourquoi ?
Lionel Guérin, PDG de Transavia : Depuis deux ans que l’on parle plus précisément de Gaz à Effets de Serre dans le grand public, l’avion est une cible facile, montrée du doigt, et la seule réponse en face est trop technocrate, sur le thème « Mais on ne fait que 3% de GES alors que le camion, la voiture, c’est pire ! ». Pour moi, cette réponse, c’est un début d’échec. Pas seulement en terme de marketing mais tout simplement parce que la protection de l’environnement est un vrai problème de société, on doit vraiment faire quelque chose, et le montrer. La création de Transavia s’est présentée au moment où jamais pour faire une compagnie inscrite dans le Développement durable, parce que les process ne sont pas encore en place et qu’il est plus facile d’agir et de créer d’emblée avec un bon bilan énergétique que de corriger ensuite. Intervenir avant que les mauvaises habitudes ne soient prises !
Ce n’est pas de la naïveté de ma part que d’être dans ce mouvement. Si je veux faire un transporteur et l’inscrire dans la durée, il faut faire du vrai durable ! C’est pour nous un projet d’entreprise, mais de toutes façons le transporteur aérien qui n’en passe pas par là risque un boycott réel. Les premiers seront les moteurs et feront levier, obligeant les autres et leur environnement à y passer aussi. Il vaut mieux le faire volontairement plutôt que de subir des taxes qui répondent à des pressions rapides mais qui ne règlent rien sur la longueur. Nous engager dans le mouvement plutôt que de le suivre.