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Transavia, compagnie aérienne durable ?

Créée il y a un an, la compagnie aérienne limite sa production de Gaz à Effet de Serre, a réalisé son bilan carbone et distribue à bord des produits du commerce équitable. Le développement durable est pour elle un projet d’entreprise.


Transavia, compagnie aérienne durable ?
JVD.com: Vous affichez un engagement « Développement durable » dans un secteur considéré comme particulièrement irresponsable en la matière, voilà qui n’est pas banal. Pourquoi ?
Lionel Guérin, PDG de Transavia : Depuis deux ans que l’on parle plus précisément de Gaz à Effets de Serre dans le grand public, l’avion est une cible facile, montrée du doigt, et la seule réponse en face est trop technocrate, sur le thème « Mais on ne fait que 3% de GES alors que le camion, la voiture, c’est pire ! ». Pour moi, cette réponse, c’est un début d’échec. Pas seulement en terme de marketing mais tout simplement parce que la protection de l’environnement est un vrai problème de société, on doit vraiment faire quelque chose, et le montrer. La création de Transavia s’est présentée au moment où jamais pour faire une compagnie inscrite dans le Développement durable, parce que les process ne sont pas encore en place et qu’il est plus facile d’agir et de créer d’emblée avec un bon bilan énergétique que de corriger ensuite. Intervenir avant que les mauvaises habitudes ne soient prises !
Ce n’est pas de la naïveté de ma part que d’être dans ce mouvement. Si je veux faire un transporteur et l’inscrire dans la durée, il faut faire du vrai durable ! C’est pour nous un projet d’entreprise, mais de toutes façons le transporteur aérien qui n’en passe pas par là risque un boycott réel. Les premiers seront les moteurs et feront levier, obligeant les autres et leur environnement à y passer aussi. Il vaut mieux le faire volontairement plutôt que de subir des taxes qui répondent à des pressions rapides mais qui ne règlent rien sur la longueur. Nous engager dans le mouvement plutôt que de le suivre.


Transavia, compagnie aérienne durable ?
JVD.com: La compagnie intervient d’abord sur ses avions. Qu’est-ce que vous faites pour qu’ils soient moins polluants ?
Lionel Guérin : La compagnie dispose de 5 avions très récents, moins de 3 ans d’âge. Le cinquième, un Boeing arrivé directement de Seattle, a été commandé avec la dernière génération de moteurs, des CSM-56 de la Snecma General Electric, moins gourmands que d’autres. Tous les appareils sont équipés de « Winglets », de petits embouts d’ailes qui permettent une meilleure pénétration dans l’air. Un investissement lourd car ces accessoires coûtent environ un million de dollars la paire ! Ils s’amortissent par les économies de carburant, de l’ordre de 3 à 5%. Les pilotes ont été formés dans l’objectif de faire des économies de carburant en faisant par exemple des descentes continues avant les atterrissages, pour éviter les paliers intermédiaires, coûteux en kérosène. Leurs trajectoires vers leurs destinations sont calculées de la façon la plus directe possible, du moins tant que le permet le contrôle aérien, pour éviter les déperditions de carburant. Il faudrait aller plus loin, avoir un ciel unique européen qui rende la circulation plus fluide, ou encore réduire les temps d’attente aux aéroports notamment. Mais ce sont des éléments qui ne dépendent pas que de nous ! Cela dit ne soyons pas naïfs : notre bonne volonté est d’autant plus grande que le baril est cher : toute économie d’énergie est aussi bonne à prendre par les compagnies que pour l’environnement !





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